Maputo, 24 août (AIM) – Le Global Community Engagement and Resilience Fund (GCERF), une fondation indépendante à but non lucratif basée à Genève, appelle à une réponse intégrée à l’extrémisme violent dans la province nord du Mozambicain de Cabo Delgado.
Depuis 2027, des terroristes islamistes commettent des violences extrêmes contre les districts de Cabo Delgado. Les données du Projet de données sur l’emplacement des conflits armés et les événements (ACLED) indiquent que le conflit a fait plus de 6 600 morts depuis le début de plus de 2 400 événements violents, la grande majorité étant attribuée à des terroristes liés à l’État islamique.
Selon le GCERF, la réponse intégrée à l’extrémisme violent au Mozambique doit être fondée sur la prévention, l’inclusion sociale, les possibilités économiques et le renforcement de la résilience des communautés.
L’organisation a présenté cette position lors d’une réunion réunissant la Fondation MASC, le Groupe de travail sur la défense et la sécurité du Dialogue national inclusif et l’Agence de développement intégré du Nord (ADIN).
La réunion a appelé à un changement d’approche en ce qui concerne la lutte contre l’extrémisme violent, plaçant la prévention et la résilience des communautés au cœur des stratégies nationales. Les participants ont convenu que, bien qu’une réponse militaire soit nécessaire pour assurer la sécurité, elle ne suffit pas pour s’attaquer aux causes sociales, économiques et idéologiques profondes qui peuvent alimenter la radicalisation.
Parmi les facteurs identifiés, mentionnons le chômage, le manque de possibilités, les inégalités sociales, la discrimination, la corruption, la marginalisation et l’absence de perspectives d’avenir, conditions qui, lorsqu’elles sont combinées, peuvent accroître la vulnérabilité des individus et des communautés à la radicalisation.
Manuel Sambo, représentant du GCERF, a fait part de son expérience en matière de prévention de l’extrémisme violent et a souligné le rôle des organisations de la société civile dans le renforcement de la cohésion sociale et la capacité des communautés à faire face aux situations de vulnérabilité.
Cependant, il a mis en garde contre le fait que l’extrémisme violent est un phénomène multidimensionnel et ne peut s’expliquer uniquement par la pauvreté. Les efforts de prévention doivent combiner les dimensions sécuritaires, sociales et communautaires, car les opérations militaires ne peuvent à elles seules s’attaquer aux causes profondes de la radicalisation. L’utilisation de la force militaire seule ne peut pas résoudre ce qui se passe dans les esprits des gens, a-t-il dit.
Ce message fait de la prévention communautaire un élément stratégique qui complète les mesures de sécurité, en particulier dans les domaines où les facteurs de vulnérabilité sociale et économique persistent.
L’approche préconisée par le GCERF prévoit trois niveaux d’intervention. La prévention primaire devrait être axée sur les personnes et les communautés vulnérables; la prévention secondaire devrait porter sur les situations où des signes de radicalisation ou de recrutement sont déjà présents; et la prévention tertiaire devrait être axée sur la réinsertion des personnes radicalisées.
La décentralisation a également été soulignée comme essentielle pour rapprocher les réponses des communautés et permettre l’adaptation des stratégies nationales aux diverses réalités locales.
La réunion a également examiné le lien entre les ressources naturelles et le financement de la violence, ainsi que les distinctions conceptuelles entre le terrorisme, l’insurrection et l’extrémisme violent.
Une autre question délicate a été la réintégration des personnes précédemment impliquées dans des groupes armés. À cet égard, les participants ont souligné la nécessité d’un soutien psychologique, d’un dépistage et d’une catégorisation des personnes concernées, ainsi que d’une plus grande participation des communautés elles-mêmes.
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